Ils sont près de 16 millions en France à percevoir une pension de retraite. Pour beaucoup, cet argent constitue leur unique source de revenus, et chaque euro compte. Dans ce contexte déjà tendu, un changement fiscal se profile, susceptible de peser lourdement sur le budget des retraités. Le gouvernement envisage de supprimer un avantage accordé depuis des décennies. Derrière cette mesure technique se cache une réalité très concrète pour des millions de foyers : une hausse sensible de l’impôt sur le revenu. Et contrairement à certaines idées reçues, ce ne sont pas seulement les plus riches qui seront concernés. Nous faisons un point complet sur la possible suppression de cet abattement fiscal pour les retraités.
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Des budgets déjà sous tension dans les foyers retraités
Le pouvoir d’achat des retraités subit un étau budgétaire de plus en plus contraignant. Depuis la crise sanitaire, suivie des tensions géopolitiques, la hausse des prix a pesé de manière disproportionnée sur les personnes vivant d’une pension fixe.
Les dépenses incompressibles – alimentation, chauffage, mutuelle – représentent une part importante du budget des seniors. Nombreux sont ceux à devoir faire des choix difficiles à chaque fin de mois.
Certaines aides ciblées ou revalorisations ponctuelles ont été mises en œuvre, mais leur efficacité reste relative.
La réindexation partielle des pensions sur l’inflation ne suffit pas à compenser l’augmentation des charges.
Les retraités aux revenus modestes sont les plus exposés à la précarisation silencieuse. La faiblesse du pouvoir d’achat, combinée à l’allongement de la durée de vie, crée une insécurité financière de long terme.
La bonne nouvelle de 2025 est l’allègement fiscal des retraités avec la hausse des plafonds de revenus pour l’abattement ce qui permet cette année à plus de retraités de bénéficier de cet avantage.
L’abattement fiscal en question : un mécanisme jugé coûteux et inégalitaire
Mis en place dans l’après-guerre, l’abattement de 10 % sur les pensions imposables visait à équilibrer la fiscalité entre actifs et retraités. Ces derniers, ne supportant plus de frais professionnels, bénéficiaient ainsi d’une réduction forfaitaire sur leur base imposable.
Mais ce raisonnement est aujourd’hui remis en cause car les transformations du marché du travail, les évolutions des patrimoines et des revenus des seniors ont modifié les équilibres initiaux.
Certains économistes estiment que cet avantage fiscal profite aussi à des foyers très aisés, sans lien direct avec le niveau de dépenses ou les besoins réels.
Du côté du gouvernement, l’abattement est vu comme un levier budgétaire :
- Il concerne près de 16 millions de retraités en France
- Il représente un manque à gagner annuel de 4 à 5 milliards d’euros
- Il est appliqué de manière indifférenciée, quel que soit le niveau de pension
Ces chiffres alimentent les débats au sein de la Direction générale du Trésor, qui plaide pour une révision du dispositif.
La suppression de l’abattement, combinée à d’autres mesures, permettrait d’accélérer la trajectoire de réduction du déficit public.
Voici les projections actuellement évoquées dans les cercles budgétaires :
Élément budgétaire | Chiffres estimés | Impact attendu |
---|---|---|
Coût de l’abattement | 4 à 5 milliards € / an | Diminution des recettes fiscales |
Durée prévue de résorption du déficit (actuelle) | 15 ans | Sans réforme |
Durée estimée avec suppression | 9 à 10 ans | Gain de 5 à 6 ans |
Nombre de retraités concernés | Environ 9 millions | Impact fiscal significatif |
Une réforme aux effets différenciés selon le niveau de revenu
L’administration fiscale prévoit une application sélective de cette mesure. Les retraités non imposables, soit environ 40 % de la population concernée, ne verraient pas leur situation modifiée et leur impôt resterait nul ou symbolique.
En revanche, les retraités aux pensions supérieures à 1 500 euros nets par mois subiraient une hausse directe de leur fiscalité. Dans certains cas, l’augmentation annuelle de l’impôt dépasserait 800 euros.
Voici un aperçu des effets attendus selon les profils de pension :
- Pensions inférieures à 1 200 € nets/mois : pas de changement significatif
- Entre 1 500 € et 2 500 € nets/mois : hausse estimée entre 400 € et 700 € par an
- Au-delà de 3 000 € nets/mois : augmentation pouvant dépasser 1 000 € annuels