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Arrêt maladie : êtes vous concerné(e) par la baisse des indemnités journalières ?

À partir de ce mois d’avril, un salarié sur deux verra fondre une part de ses indemnités journalières en cas d’arrêt maladie. La réforme, passée sous les radars pour beaucoup, vise spécifiquement les revenus supérieurs à 1,4 fois le Smic. Pour ces salariés, une journée d’absence pourra désormais coûter bien plus qu’avant, avec des pertes pouvant atteindre plusieurs centaines d’euros par mois. Derrière cette décision, un objectif clair : freiner l’explosion des dépenses liées aux arrêts de travail, en hausse de plus de 50 % depuis 2015. Mais la méthode choisie interroge, notamment sur ses effets collatéraux. Car si la Sécurité sociale indemnise moins, le reste à charge se déplace vers les régimes de prévoyance… ou directement vers les salariés eux-mêmes. Nous nous penchons sur le sujet afin de connaitre les salariés impactés par la baisse des IJ.

Le plafond d’indemnisation revu à la baisse

Jusqu’à présent, les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale à partir du quatrième jour d’arrêt maladie étaient calculées sur une base maximale équivalente à 1,8 fois le Smic.

Ce plafond a été abaissé à 1,4 fois le Smic, soit une réduction mécanique du montant maximal indemnisable. Le taux d’indemnisation (50 %) demeure inchangé.

Voici un tableau qui reprend les nouveaux barèmes d’indemnités depuis le 1er avril :

Paramètre Avant le 1er avril 2025 Depuis le 1er avril 2025 Évolution
Base maximale de calcul 1,8 Smic 1,4 Smic – 0,4 Smic
Montant brut mensuel maximal 3 243,24 € 2 522,52 € – 720,72 €
Taux d’indemnisation 50 % du salaire journalier de base Stable
Économie budgétaire attendue 600 millions €

Le nouveau plafond s’applique à toutes les formes d’arrêts maladie hors accident du travail et maladie professionnelle, qui relèvent d’un régime de calcul distinct et plus avantageux.

Lorsque les déclarations sont inexactes, vous pouvez perdre vos indemnités journalières pour fraude donc prenez soin de vérifiez toutes les informations transmises.

Une majorité de salariés touchés

Le seuil de 1,4 fois le Smic, soit 2 522,52 € brut mensuels, place dans le champ de la réforme une large partie des salariés du privé.

Avec un salaire médian de 2 820 € brut en 2024, plus d’un salarié sur deux est désormais concerné. Ceux qui perçoivent 1,8 fois le Smic ou davantage peuvent perdre jusqu’à 250 € par mois lors d’un arrêt de travail non professionnel.

Voici les principales tranches de salaires affectées par la mesure :

  • Salariés gagnant entre 2 522 € et 3 243 € brut/mois : indemnisation partielle affectée
  • Salariés au-delà de 3 243 € brut/mois : plafonnement strict appliqué
  • Salariés en arrêt pour maladie professionnelle ou accident du travail : non concernés

La réforme écarte donc uniquement les arrêts dont l’origine est directement imputable à l’exercice professionnel.

Tous les autres motifs (affections bénignes, troubles chroniques, interventions médicales) entrent désormais dans ce nouveau cadre plus restrictif.

Report du coût sur les régimes complémentaires

La baisse de l’indemnisation par la Sécurité sociale n’implique pas automatiquement une compensation intégrale pour les salariés.

Dans les faits, le manque à gagner pourrait être partiellement pris en charge par les régimes de prévoyance complémentaire.

Mais ce glissement du financement public vers le secteur privé n’est pas sans conséquence. Le Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP) évoque un risque de transfert de charges durable, avec des effets sur le coût des cotisations :

  • Hausse moyenne des cotisations estimée à 2 %
  • Pour un salarié rémunéré 40 000 € brut/an : surcoût de 10 à 15 € par an
  • Salariés sans contrat de prévoyance : perte sèche d’indemnisation

Les salariés couverts par des accords collectifs incluant une surcomplémentaire verront peut-être leur revenu de remplacement maintenu.

Mais pour les autres, notamment dans les petites entreprises ou les secteurs peu syndiqués, le différentiel d’indemnisation restera à leur charge exclusive.

Réforme déjà en place dans le secteur public

Depuis le 1er mars, la rémunération versée en cas d’arrêt maladie a elle aussi été revue à la baisse pour les trois premiers mois d’absence.

La couverture est passée de 100 % à 90 % du traitement indiciaire. Passé ce délai de trois mois, les règles d’indemnisation restent inchangées.

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